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les News d'Afrique et du Monde

Affaire Chebeya: tous les suspects devant les juges !

Les carottes sont cuites. Désormais, les suspects, tous les suspects alors, seront devant l’autorité des juges. Depuis le 8 octobre dernier, l’Office de l’Auditeur Général près la Haute Cour Militaire a clos l’instruction pré-juridictionnelle sur l’affaire Chebeya Bahizire, Directeur Exécutif de la Voix des Sans Voix, dont le corps avait été retrouvé sans vie, le 2 juin 2010, à Mitendi, sur l’axe Matadi-Kinshasa. Dans un communiqué signé ce 14 octobre, le Général de Brigade Joseph Ponde Isambwa, affirme ainsi avoir fini avec les auditions des parties civiles, les interrogations des suspects et des témoins, les confrontations, les perquisitions, les descentes sur terrain, les saisies d’objets, les réquisitions d’information et les réquisitions à experts. A ce jour, dit-il dans le communiqué ci-dessous, tous les éléments de preuve recueillis sont suffisants, pour justifier le renvoi de ce dossier judiciaire sur
la table des juges afin que les suspects, quels qu’ils soient, présentent leurs moyens de défense. Est-ce le début de la fin du régime des intouchables ?
Ce n’en est donc avec les titillements dans le dossier Chebeya Floribert, le talentueux activiste des droits de l’homme retrouvé sans vie, un certain matin du 2 juin 2010, sur la banquette arrière de sa voiture mazda 626 immatriculée KN 0282 BM, sur la route de Matadi, vers Mitendi, à quelques encablures du célèbre cimetière de Mbenseke Mfuti. L’Auditeur Militaire à qui le Parquet Général de la République avait transmis ce dossier, pour des investigations approfondies, a clos depuis le 8 octobre dernier, l’instruction pré-juridictionnelle. C’est le Général Joseph Ponde Isambwa, Auditeur Général près la Haute Cour Militaire, qui l’annonce, dans un communiqué signé ce jeudi 14 octobre 2010. A l’en croire, tous les éléments de preuve ont été recueillis. Il estime qu’ils sont suffisants pour justifier le renvoi de ce dossier judiciaire devant les juges. Ceci permettrait à tous les suspects, quels que soient leurs
fonctions et rangs, de présenter leurs moyens de défense. L’Auditeur Général parle, en outre, de suspects dûment identifiés, à la suite d’un travail qu’il a abattu depuis le 24 juin, date à laquelle il avait reçu ce dossier, en provenance du Parquet Général de la République. En son temps, ce dernier, fort de ses investigations, avait qualifié de meurtre, les faits ayant occasionné la mort de Floribert Chebeya, sans la compter la disparition plus ou moins suspecte, de son Chauffeur Fidèle Bazana Edadi. Le 23 juin, le Parquet Général de la République avait conclu que les personnes suspectées étaient des justiciables des juridictions militaires. Au jour d’aujourd’hui, s’il faut revenir au contenu du communiqué de l’Auditeur Général, les auditions, les interrogations des suspects et des témoins, les confrontations, les perquisitions, les descentes sur terrain, les saisies d’objets, les réquisitions
d’information et les réquisitions à experts sont complètement finis. Il faut donc répondre à l’appel de Joseph Kabila qui, au cours d’une réunion du Conseil Supérieur de la Défense, avait souhaité que toutes les mesures nécessaires soient prises afin de tirer au clair cette affaire et que les responsables de cet acte soient sévèrement sanctionnés, au regard des dispositions régissant la République Démocratique du Congo en tant qu’Etat de droit. En exécution de cette directive, Luzolo Bambi Lessa, Ministre de la Justice avait donné une injonction au Procureur Général de la République d’ouvrir une information judiciaire. Par la suite, plusieurs officiers supérieurs de la police nationale avaient été interpellés. D’autres ont été arrêtés alors que John Numbi Itambo, l’Inspecteur Général, avait été suspendu de toutes ses fonctions. Bisengimana assume, depuis lors, l’intérim, à la tête de la Police
Nationale Congolaise.
Vive le procès !
Tant attendu, ce procès, s’il est organisé dans la transparence et l’équité, ferait que la justice congolaise fasse amende honorable aux victimes des affres policières. Les Ongs des droits de l’homme, les partis politiques et les médias l’avaient appelé de tous leurs vœux. Le jour « j », va-t-il finalement arriver ? La petite brèche ainsi ouverte par l’Auditeur permet, en tout cas, d’espérer.

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