Affaire Michael Brown: des obsèques entre recueillement et colère
Les obsèques de Michael Brown, tué le 9 août par un policier blanc se sont déroulées à Saint-Louis, dans le Missouri, ce lundi 25 août 2014. Le drame avait provoqué de violentes émeutes. Le père de l'adolescent a explicitement appelé à respecter le deuil de la famille, le jour de son enterrement.
Avec l'envoyé spécial de Radio France à Saint-Louis, Frédéric Carbonne
« Je ne veux vraiment pas de manifestations le jour des obsèques. Notre fils a besoin d'un moment de silence » : les appels au calme du père de Michael Brown ont été entendus, et les obsèques du jeune garçon se sont déroulées sans incident et dans le recueillement. Même si certains messages forts ont été entendus.
Ainsi, quand le révérend Charton a décrit les brutalités policières dans l’Amérique d’aujourd’hui, le temple baptiste de Saint-Louis a pris des allures de meeting politique. Au milieu des prières et des chants cette cérémonie fut donc aussi pendant près de deux heures, un long réquisitoire contre un pays dont les fractures raciales persistent.
« Le sang de Michael Brown réclame la vengeance. »
Cela a été le cas quand un pasteur de Saint-Louis a mis au défi le FBI de mener une enquête exemplaire, mais aussi quand l’oncle de Michael Brown, homme d’église lui aussi, a prononcé son éloge funèbre. « Le sang de Michael Brown réclame la vengeance. Il réclame la justice. C’est cela le cri qui nous vient aujourd’hui de la terre où il repose. »
La justice ou la vengeance, le dialogue ou la violence, voila l’enjeu essentiel des prochaines semaines. Tout le monde insiste sur l'échéance cruciale du grand jury du mois d’octobre. Quelles charges seront retenues ? Y aura-t-il au contraire acquittement comme dans le dossier Trayvon Martin ? D’ici là Barry Piu, metteur en scène d’opéra à Saint-Louis souhaite qu’en signe d’apaisement, le policier auteur des coups de feu soit arrêté. « C’est ce que la loi exige, affirme-t-il. La victime n’était pas armée, lui l'était, et avait beaucoup d’alternatives. La mort de la victime n’était pas acquise d’avance et n’était point nécessaire. »
Après le deuil, place à l’enquête, sous haute surveillance. Elle commence à peine. Le policier, notamment, n’a pas donné publiquement sa version.
RFI
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