Le franc congolais, se négocie sur le marché parallèle entre 935 et 940 Fc pour un dollar américain. Les 50 millions de dollars que la Banque centrale du Congo (BCC) a injectés sur le marché de change en début de cette année n’ont pas fléchi la montée de la devise américaine par rapport au Franc congolais, la monnaie nationale. La tendance est toujours à la hausse. Et les résultats se font toujours attendre. Les opérateurs des milieux de change affirment que les opérations d’adjudication de la monnaie nationale par la Banque centrale du Congo ne prennent pas en compte une grande masse monétaire qui passe par le circuit dit informel.
Réveil-FM a lu pour ses lecteurs et internautes le livre de Noël K. Tshiani, expert Congolais exerçant à la Banque mondiale depuis 1992, il vit à Washington DC aux Etats-Unis. Noël K. Tshiani a travaillé auparavant à la Citibank, à la Chase Manhattan Bank et à la Republic National Bank of New York. Dans son livre "Vision pour une monnaie forte" Noël K. Tshiani fait un diagnostic de la situation monétaire de la République Démocratique du Congo qui connait depuis plusieurs décennies une expérience inflationniste. Tshiani offre des prescriptions pour une discipline budgétaire rigoureuse, une banque centrale puissante, une politique monétaire et de change indépendante, la fin de la dollarisation et une nouvelle monétaire débouchant sur une monnaie forte en RDC
Noël K. Tshiani
Urgence pour une réforme du secteur de la monnaie
Pour Noël Tshiani, une réforme monétaire est nécessaire pour plusieurs raisons:
La nomenclature actuelle des billets de banque est hors d'état d'usage. Le coût de fabrication des billets de 1c, 5c, 10c, 20c, 50c, 1F, 5F, 10F, 20F, 50F, 100F, 200F et 500F étant devenu trop élevé par rapport à leur valeur faciale,et la valeur du billet de grande dénomination étant inférieure à un dollar, la monnaie congolaise est devenue vieille, sale et difficilement utilisable. Les kinois cyniques pour échapper à leur quotidienneté n'ont pas hésiter à surnommer les billets sales " des blessés de guerre".
Les Congolais qui n'ont pas confiance en leur monnaie, combinée avec l'hyperinflation depuis plusieurs années, cette situation a engendré le développement de la dollarisation de l'économie qui fait que le dollar américain co-circule avec le franc congolais. Ensuite, il existe ideux masses monétaires distinctes en République Démocratique du Congo et une masse monétaire en dollar. La Banque centrale ne contrôle ne contrôle pas la masse monétaire en dollar qui est la plus importante en volume. De ce fait, la Banque centrale ne peut pas conduire une politique monétaire crédible car tout ses instruments (taux directeurs, taux de réserves obligatoires, interventions sur le marché de change, etc...) sont sans effet réel sur l'économie.
Pour faire face à cette situation, la Banque centrale et le gouvernement doivent travailler de concert pour rétablir une discipline pouvant permettre la conception et la mise en oeuvre d'une politique monétaire saine et crédible.
Francs congolais 14 ans déjà !
Dans son livre Noël Tshiani témoigne: "En 1997, le Président de la République Démocratique du Congo demanda que nous organisions la réforme monétaire afin d'introduire une monnaie stable et crédible en remplacement du Zaïre monnaie, devenu symbole de mauvaise gestion du régime déchu. C'était le début de la longue préparation pour l'arrivée du franc congolais. Ma première grande contribution à l'époque était de convaincre le chef de l'Etat de ne pas mettre sa photo sur les billets de banque, et de faire une monnaie différente de celle du régime d'avant. Ma deuxième contribution était de réclamer haut et fort l'indépendance de la Banque Centrale du Congo dans la conduite de la politique monétaire.
Depuis le début en 1997 des travaux pour la conception et le lancement du franc congolais, j'ai indiqué qu'une baisse considérable du franc était inévitable, à moins que ne se produisit un changement plus profond dans les méthodes de gestion de la Banque Centrale du Congo et du Ministère des Finances qu'il n'était politiquement vraisemblable. L'inflation et La gestion de la monnaie congolaise a engendré chez les Congolais la méfiance et crainte.
En plus, le franc congolais n'est plus la seule monnaie ayant cours légal sur l'étendue de la République Démocratique du Congo. Il coexiste avec le dollar et l'euro, et ne joue plus qu'un rôle marginal car la grande partie des transactions se fait en devises étrangères. La stabilité relative du franc par rapport au dollar qui lui-même trop faible par rapport aux monnaies fortes. Peut-on affirmer sans peur de se tromper que les causes de la chute de la monnaie pendant ces dix dernières années ont disparu? Le système de gestion de la monnaie a-t-il changé?
La tâche essentielle du gouvernement congolais à l'heure est de rétablir et d'entretenir la confiance du public dans le franc congolais, écrit Noël Tshiani. a-t-il été entendu?
La réforme monétaire pour un franc congolais fort est encore possible à condition de suivre les prescriptions des experts dont Noël Tshiani en est un.
Lorsqu'on parle avec les cambistes, on est surpris par leur constat: La Banque Centrale Congolaise n’a jamais associé les cambistes de la rue et les bureaux de change qui brassent des sommes importantes d’argent dans ses décisions. Alors que les cambistes ont une politique de proximité, ils sont plus proches des commerçants qui déversent des francs congolais sur le marché. Si la Banque Centrale associe les bureaux de change agréés, les cambistes peuvent ramasser tous ces fonds qui traînent dans la rue et les acheminer dans le circuit normal.
Pourquoi la Banque Centrale Congolaise ne le fait-elle pas ?
La Banque centrale du Congo affirme, quant à elle, qu’au cours de ses opérations de vente des devises, elle ne traite qu’avec les banques commerciales. Celles-ci achètent des devises en tenant compte de besoins de leurs clients dont les cambistes.
Mais d’autres analystes pensent qu’en plus de cette raison, la stabilité de la monnaie serait soutenue par la production pour la consommation locale mais surtout pour l’exportation qui ramène des devises au pays.
La concomitance aussi de plusieurs devises dans les transactions devrait être bannie. Mais pour cela, l’exemple devrait venir d’en haut, soutiennent-ils.
Au Congo-Kinshasa, la plupart des paiements de l’Etat s’effectuent en monnaie étrangère et donc il y a ce monde qui cherche cette monnaie refuge et ça contribue à la diminution de la valeur de la monnaie nationale.
Il faut donc une reforme profonde qui doit faire de la monnaie nationale la seule monnaie à utiliser dans toutes les transactions et asseoir une économie solide.
par freddy mulongo-Reveil-FM