Hold-up constitutionnel : les présidentielles et législatives renvoyées au 4 décembre!
edi, 29 Avril 2011 20:35
La presse kinoise a annoncé cette semaine le « retrait momentané » du PPRD Daniel Ngoy Mulunda, président de la Commission électorale nationale indépendante(CENI) au profit du vice-président, le MLC Jacques Ndjoli. Comment expliquer cette mise en scène ?
Congoone est en mesure d’expliquer le sens du cirque auquel joue le président de la CENI. Après avoir rassuré tout le monde, les leaders de l’opposition y compris, de sa détermination d’organiser les prochaines élections présidentielles et législatives dans le respect du délai constitutionnel, Ngoy Mulunda Nyanga a déjà mangé sa parole. Il a confié à des proches l’impossibilité de respecter les échéances de manière à ce que le président élu prête serment le 6 décembre prochain. Le discours d’Etienne Tshisekedi annonçant dimanche dernier la vacance de pouvoir au sommet de l’Etat, au cas où les élections ne seraient pas organisées dans les délais et que le président élu n’aurait pas prêté serment le 6 décembre 2011, n’a pas facilité les choses.
D’où la décision de Ngoy Mulunda de laisser le sale boulot au vice-président issu du MLC en faisant avaler la pilule aux Congolais. Selon le correspondant de Congoone à Kinshasa, c’est demain samedi 30 avril que la CENI va publier le calendrier électoral. Les élections présidentielles et législatives seront couplées et sont fixées au 4 décembre, soit deux jours avant la vacance du pouvoir annoncée par Tshisekedi. De quoi couper l’herbe sur les pieds du président de l’Udps et de tous ceux qui comptent participer au processus électoral.
La validation des résultats aura lieu six jours plus tard, soit le 10 décembre et la prestation de serment constitutionnel par le président élu devrait intervenir le 22 décembre.
Sans être un grand clerc ni le dernier idiot du village, on peut facilement réaliser que la trouvaille de Ngoy Mulunda et de sa bande est une belle manœuvre dilatoire visant à faire passer dans l’opinion l’idée d’un léger retard dans l’organisation des élections et de faire avaler des couleuvres aux Congolais.
En acceptant le rôle que lui fait jouer Ngoy Mulunda, on peut raisonnablement se demander si Jacques Ndjoli est conscient qu’en étant placé au devant de la scène à la CENI, il participe au hold-up constitutionnel, tout comme le MLC son parti.
A propos du MLC dont nul n’ignore qu’il est dans la tourmente qui ne peut que profiter au champion du PPRD qui a contraint Jean-Pierre Bemba à l’exil armes à la main, sa présence à la CENI n’est pas une garantie du déroulement normal du processus électoral. On se souviendra de ce qu’en 2006 déjà, les délégués du MLC à la défunte CEI n’étaient pas d’une grande efficacité politique au point que les fraudes massives dénoncées par la déléguée du MLC à la CEI n’avaient nullement impressionné Apollinaire Malumalu. Qu’on se souvienne que Bemba Gombo avait dû accepter l’inacceptable. Textuel ! La suite, on la connait. Le boss du MLC est mis hors jeu et tenu en respect par la Cour politique internationale.
Que va faire le peuple congolais à présent que Kabila et sa CENI s’apprêtent à le tourner en bourrique en prolongeant indument les mandats des élus de 2006 ?
Cette question a toute son importance car selon des analystes avisés, les élections présidentielles et législatives ne pourront être organisées qu’en 2012. Le calendrier électoral de la CENI ne serait qu’un trompe l’œil en attendant de faire avaler la pilule amère vers la fin de 2011.
C’est le contraire qui aurait étonné quand on se rappelle que les élections locales prévues en 2006 n’ont jamais eu lieu tout comme la décentralisation votée par référendum qui devrait se matérialiser par la division du Congo à démocratiser en provincettes, 26 au total.
Interrogé par Congoone sur possibilité de tenir les élections présidentielles et législatives et de valider les résultats six jours après, Paul Nsapu, observateur international des élections et secrétaire général de la Fédération internationale des droits de l’homme, estime que le calendrier que la CENI va publier est une vaste comédie. A l’en croire, la CENI rd congolaise opère sur le modèle de la Commission électorale nationale dite indépendante du Togo qui était au service de Faure Gnassimbe.
Paul Nsapu qui n’est pas surpris par le hold-up constitutionnel auquel la CENI de Ngoy Mulunda va s’adonner pose des questions de fond : de quels fichier électoral, logistique et moyens financiers dispose la CENI pour programmer les élections et comment va-t-elle faire pour dépouiller les bulletins de vote et valider les résultats six jours après la tenue des élections dans un pays continent alors même que les voies de communication demeurent virtuelles en dépit du slogan des 5 chantiers du citoyen Kabila que les ex-Zaîrois voudraient voir et toucher ?
La balle reste dans le camp du peuple congolais à qui la loi reconnait le droit et le pouvoir de s’opposer à quiconque voudrait conquérir ou conserver le pouvoir d’Etat sans en avoir reçu mandat.
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