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les News d'Afrique et du Monde

La crise égyptienne place le Gouvernement du Président Barak Obama sur un terrain très glissant.

31 Janvier 2011 , Rédigé par digimobile Publié dans #news

La maladie qui a récemment frappé la Tunisie, voici bientôt quelques semaines, est devenue contagieuse dans la région. Aujourd’hui c’est l’Egypte qui est atteinte de ce virus appelé « Démocratie » Personne ne sait d’où la contagion va s’arrêter. Elle pourra aussi se répandre au sud du continent et facilement contaminer les pays sub-sahariens, bien que ces derniers, depuis une décennie, ont déjà embrassé la démocratie de « leur façon. »

On y reviendra, un jour, sur cet aspect du problème! Ce qui nous intéresse aujourd’hui c’est la position peu flatteuse dont la révolution née en Egypte vient de placer le Président Américain, Barak Obama, son gouvernement et les États-Unis en général. L’on doit tout de suite faire remarquer qu’avec la situation en Egypte,  Obama est placé entre le marteau et l’enclume. D’une part, le gouvernement américain doit officiellement et ouvertement respecter la volonté et les demandes du peuple égyptien qui revendique un changement radical en Egypte et le départ inconditionnel du Président Hosni Moubarak du pouvoir. D’autre part, l’Egypte est l’un des deux alliés de taille, l’autre étant le Jordan, qui a signé des accords de paix avec l’Israël. Quand bien même les Etats-Unis devront soutenir la démocratie en Egypte, Obama ne peut se permettre n’importe qui remplacer Hosni Moubarak à la tête de l’Egypte.

Imaginons un peu ce pays placé sous la révolution du type de l’Iran avec le départ du Chah, remplacé par un gouvernement islamique sous le contrôle d’Ayatollah Khomeiny en 1979. Un tel régime, une telle révolution ne sera bénéfique ni pour l’Israël, ni pour les Etats-Unis, son protecteur. Et les 1.3 milliards de dollars versés en Egypte chaque année en forme d’aide trouvent leur justification pour garder le statu quo et ne pas verser le pays du côtés des radicaux islamiques.

Or c’est justement l’embarras ou le dilemme devant lequel Obama est placé et il doit agir vite. Faire basculer ce pays du côté des révolutionnaires qui sont supportés par l’Iran et de tous les ennemis de l’Israël dans la région est une faute que ni les barons Juifs aux Etats-Unis et à travers le monde, ni les républicains qui ne cherchent que toute opportunité de le déloger de la maison Blanche vont lui pardonner. D’autre part, le Président Américain doit aussi se présenter officiellement en garant de la démocratie des peuples à travers le monde quand bien même dans la coulisse, le gouvernement poursuit un agenda qui met des intérêts supérieurs de la nation en première position, c’est-à dire plutôt Moubarak qu’une poupée de’ l’Iran.

Depuis que la crise a commencé en Egypte, un nom s’est révélé au-dessus de tous : Mohamed El Baradei. Agé de 68 ans, l’homme est détenteur du Prix Nobel de la Paix en tant que Chef de l’Agence Nucléaire des Nations Unies. Il comptait se présenter aux élections présidentielles en Egypte au mois de Septembre.

Peu connu des Egyptiens hier, il est devenu ces derniers jours, la voix de l’opposition qui pourra satisfaire les exigences de l’Israël et des Américains. Modéré, il n’est pas du genre révolutionnaire à la Al Qaeda. Mr. Mohamed El Baradei s’est positionné à conduire les possibles pourparlers avec l’armée égyptienne relative à organiser la passation du pouvoir à la coalition de l’unité nationale. « Je sollicite votre patience, le changement vient dans quelques jours …» a-t-il promis aux milliers des manifestants au Caire. « … Vous avez repris vos droits et nous ne pouvons plus revenir sur ce que nous venons de commencer.»  Et Baradei d’ajouter : « Nous avons une majeure demande : la fin du régime et nous venons de commencer un nouveau stage, un très nouveau en Egypte. »

Le Secrétaire d’État Américain, Mme. Hillary Clinton, de son côté parle d’une « Transition en ordre qui pourra combler le vide… » Autrement dit, le gouvernement est d’accord du départ de Moubarak, mais il ne sera jamais remplacé par n’importe qui. Alors que le Gouvernement en Iran attend pour l’Egypte de tomber sous sa coupe et son influence, les Américains feront tout pour que cette faute suicidaire ne s’accomplisse pas. Le reste est de la pure politique, du bla bla bla. Ainsi, à moins que les États-Unis trouvent un remplacement, une alliée de taille de la trempe de Hosni Moubarak, ce dernier restera au pouvoir malgré ses 84 ans d’âge, malgré ses trente ans longuement dépassées à la haute magistrature égyptienne et malgré surtout la demande populaire de son départ. Mais devant la poussée fracassante du peuple, Obama est obligé de choir un allié et vite. Est-ce Mohamed El Baradei cet homme ? Qui vivra verra !

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