NON AU DECOUPAGE DE LA PROVINCE DU NORD-KIVU : REFLEXION D’UN ORIGINAIRE NON RWANDOPHONE
INTRODUCTION
Un mémorandum daté du 2 décembre 2008 intitulé : «LE DECOUPAGE
TERRITORIAL DE LA PROVINCE DU NORD –KIVU : UNE PISTE DE SOLUTION AUX
PROBLEMES DE L’EST DE LA RDC » circule depuis plusieurs semaines. Ce
mémo serait l’œuvre des communautés rwandophones Hutu et Tutsi du
Nord-Kivu. Et suivant le quotidien kinois Le Potentiel n°45 86, ce
document aurait été certainement remis aux co-facilitateurs des
négociations qui viennent de se terminer entre le Gouvernement et le
CNDP pour qu’il soit « transmis au Secrétaire Général de
l’Organisation des Nations-Unies ».
En effet au point 8.2 de l’Accord de paix entre le Gouvernement et le
CNDP, il est repris :
‘’Se fondant sur la nécessité d’une meilleure prise en compte possible
des réalités sociologiques du Pays, le CNDP a proposé un modèle du
découpage national’’
C’est ainsi que le journal Le Phare n°35 43 parlant du découpage de la
Province du Nord-Kivu écrit : « L’autre nouvelle qui fait jaser les
congolais est l’option à lever dans le cadre du mariage Kinshasa –
CNDP d’un nouveau découpage du Nord-Kivu, après celui opéré, dans les
années 80, sous le régime Mobutu. La singularité de cette nouvelle
opération chirurgicale est qu’elle vise à créer une provincette propre
aux congolais d’expression rwandophone et d’autre part une entité
spécialement réservée aux autochtones congolais. Ainsi, espère-t-on,
il n’y aurait plus des querelles de cohabitation entre Banyamulenge et
congolais de souche, sur fond des conflits fonciers, la communauté
rwandophone pouvant disposer désormais de son espace vital »
ANALYSE DU MEMO
I. LE CRITERE SOCIOLOGIQUE
Le document concerné introduit une nouvelle notion baptisée « critère
sociologique ». En effet, parlant du découpage de la Province de Kivu
en trois entités (vers les années 80), ce mémo affirme :
« Hormis les critères qui se réfèrent à la géographie, à la
démographie, à l’économie et à la dénomination de l’entité
territoriale, un cinquième critère appelé « critère sociologique »
avait été négligé ».
Mais plus loin l’auteur du mémo lui-même souligne que « d’aucuns ont
estimé que le critère dit « sociologique » pouvait dissimuler une
certaine tendance tribaliste dangereuse. D’autres encore, étaient
convaincus que l’évocation de l’absence d’identité n’était qu’une
façon déguisée de souligner l’existence des problèmes sociopolitiques
non résolus entre communautés ». Et il conclut : « aujourd’hui, il
s’avère que cette réalité sociologique rattrape la Province. En effet,
pour avoir négligé l’élément sociologique avant la mise en œuvre du
découpage territorial, la jeune Province du Nord-Kivu est en proie à
des luttes antagonistes qui ne feront qu’annihiler les efforts de
développement ».
Voilà donc l’essentiel de la thèse que développent les tenants de
cette nouvelle tentative du découpage de cette Province.
Mais de prime abord une question simple s’impose : Pourquoi ce
problème ne s’était pas posé aux autres provinces issues du même
découpage ? Pourquoi le Maniema, par exemple, qui a de loin plus
d’ethnies que le Nord –Kivu ne connaît pas d’antagonismes ethniques ?
Pourquoi le Sud-Kivu n’a pas de problèmes ethniques majeurs entre les
autres communautés congolaises (Shi, Rega, Bembe, Fuliiru, Vira,
etc.….) et ne connaît que ceux lui apportés par les rwandophones ?
(Cas de Minembwe par exemple).
Pourquoi toutes les communautés congolaises du Nord-Kivu (Nande,
Hunde, Nyanga, Tembo, Kano, Kumu, Kusu,…) vivent depuis des siècles en
parfaite harmonie et pourquoi tous les problèmes de cohabitation ne
proviennent que de leurs voisins rwandophones ?
Pour nous, cette notion de critère sociologique est fallacieuse et
hautement dangereuse, car couvrant en réalité une volonté tribaliste
de doter la communauté rwandophone Hutu-Tutsi d’un espace duquel les
autres groupes ethniques (Hunde, Nyanga, Tembo,…) seront éliminés
progressivement jusqu’à extinction complète.
L’histoire récente de notre Province nous enseigne comment nos voisins
rwandophones ont toujours essayé d’obtenir, par, non seulement des
moyens politiques, mais souvent et malheureusement, par les armes et
tous autres moyens violents un « territoire rwandophone ».
L’HISTOIRE DU NORD – KIVU
Nous ne rentrerons pas dans l’histoire coloniale (encore moins
précoloniale) où pourtant il y avait eu des tentatives de la part des
immigrés rwandais de se chercher des espaces vitaux (cas de l’enclave
de Gishari dans le Masisi qui heureusement fut réglé par le
colonisateur lui-même). Nous parlerons du Nord – Kivu après le 30 juin
1960.
1. GOMA - RUTSHURU : Territoires contestés
La première tentative des rwandophones pour obtenir un espace propre à
eux se manifesta vers les années 1962-1963, quand leurs hommes
politiques de l’époque exigèrent que soient déclarés contestés le
territoire de Goma (qui comprenait à l’époque l’actuel territoire de
Nyiragongo) et le territoire de Rutshuru.
En fait, à l’époque ils souhaitaient que ces deux territoires soient
détachés du Nord-Kivu pour être annexés au Kivu-Central (actuellement
Sud –Kivu). A noter qu’à l’époque l’ambition des rwandophones ne
s’étendait pas encore sur le Masisi et le Walikale.
La conséquence de cette démarche fut que le chef lieu de la Province
du Nord –Kivu fut transféré à l’époque à Sake –Kirotshe, en territoire
de Masisi.
Ce problème disparut avec la suppression des « provincettes »par le
nouveau régime de Mobutu qui réalisa très vite les conséquences
néfastes notamment l’accroissement du tribalisme et la régression de
la conscience nationale que charriaient toutes ces divisions.
Et parlant de ces provinces créées à l’époque, l’éminent historien, le
Professeur NDAYWEL è NZIEM dans son excellent ouvrage : Histoire
Générale Du Congo (Duculot-Afrique Editions -1998) à la page 633,
écrit :
« Ce sont précisément les provinces théoriquement homogènes sur le
plan tribal qui vécurent les premières expériences malheureuses… Les
divisions internes furent poussées à un degré de conscience aussi aigu
que s’il s’agissait des tribus différentes. La stabilité politique n’y
était donc pas plus garantie qu’ailleurs ».
Et à la page 635, il affirme : « La préoccupation de créer des
provinces tenant compte des réalités tribales existantes suscita
finalement une confusion plus grande, précisément à cause de cette
volonté ». Dont acte.
2. LES GUERRES DANS LE MASISI (1962 ET 1964) (1)
Ici nous faisons allusion aux trois principales guerres, nous laissons
de côté les affrontements sporadiques quasi permanents entre les
rwandophones et les autres communautés.
a) La première guerre fut celle qu’on appela « KANYARWANDA ».
En effet, à cause des immigrations massives, notamment celles de la
MIB (Mission d’immigration des Banyarwanda) créée par la Belgique en
1948 et celle qui précéda l’accession du Rwanda à l’indépendance
(1959-1960), les rwandais dépassèrent en nombre les autochtones HUNDE.
Cet avantage numérique les poussa à réclamer des droits coutumiers, ce
qui les amena à se révolter contre le pouvoir coutumier…
Le Gouvernement congolais de l’époque intervint et étouffa le
soulèvement sur tout le territoire de Masisi. Malheureusement les
instigateurs parvinrent à s’enfuir pour Goma d’où ils continuèrent à
envoyer des messages et des directives à leurs frères restés sur
terrain.
Malgré cela, une période d’accalmie s’ensuivit, mais les immigrés
rwandais en profitèrent pour s’approvisionner en armes et en
munitions.
b) En 1964, les rwandais profitèrent de la rébellion muleliste pour
relancer la guerre d’extermination des autochtones. Leur objectif
était d’occuper, non seulement le territoire de Masisi, mais aussi
ceux de Walikale, de Goma (au Nord – Kivu) et de Kalehe (au Sud –
Kivu).
c) Le 20 mars 1993, à Ntoto, dans le territoire de Walikale commença
une nouvelle guerre. En effet, auparavant, au cours d’une réunion
organisée par les leaders banyarwanda, une collecte d’argent fut
décidée afin de renflouer une caisse destinée à l’achat des armes de
guerre. La gravité de cette décision poussant un participant, du nom
de Mazizeye, en désaccord avec ses frères rwandais, de se
désolidariser avec le groupe et de mettre les autorités locales au
courant du complot ourdi.
Les Nyanga et Hunde ne restèrent pas indifférents, ils s’attaquèrent à
leur tour aux rwandais. Cette guerre prit de l’ampleur et déborda le
territoire de Walikale pour s’étendre dans ceux de Masisi, Rutshuru
(Nord-Kivu) et Kalehe (Sud-Kivu). On situe la naissance du mouvement
Maï-Maï à cette époque.
3. LES AUTRES GUERRES
Sans entrer dans beaucoup plus de détails, nous voulons ici faire
allusion à la guerre initiée par Kigali à partir d’août 1998 et
exécutée par le RCD ainsi que celle plus tard, après les Accords de
Sun City, faite à la Province du Nord-Kivu par le CNDP qui « n’est en
réalité qu’une nébuleuse du RCD »suivant une expression du quotidien
LE PHARE (n°3543) et à laquelle théoriquement l’opération « Umoja Wetu
» et l’accord du 23 mars dernier à Goma avec le Gouvernement sont
censés avoir mis fin. Mais nous devons nous rappeler que toutes ces
guerres n’ont eu comme finalité qu’occuper des terres pour en faire
des espaces rwandophones.
Dans son rapport intitulé « Nouvelle crise au Nord-Kivu » (vol19.n°17
octobre 2007) Human Rights Watch affirme à la page 76 :
« Les conflits au Nord-Kivu, tout comme ailleurs à l’Est du Congo,
sont souvent liées au contrôle de la terre…
Le contrôle de la terre a été récemment lié aussi à la question du
retour des réfugiés se trouvant actuellement au Rwanda…Nkunda a prévu
de donner de la terre aux réfugiés près de Kitchanga et de Kirokirwe,
y compris des étendues situées à l’intérieur du parc national de
Virunga censé être protégé de toute installation. Dans certaines
communautés comme Ngungu, les autorités locales loyales à Nkunda ont
forcé les habitants à céder leurs maisons et leurs champs aux réfugiés
de retour ».
II. AUTRES ALLEGATIONS DU MEMO
Tout au long de ce mémo, nous lisons des affirmations insidieuses, à
la limite mensongères, dont nous estimons utile de relever quelques
unes dans ce chapitre.
A. Au point 4 (p2) du mémo nous lisons :
« Pour saisir la portée de l’antagonisme entre les ethnies du
Nord-Kivu, il faut se référer à la géographie sociale de cette
province.
En effet, le Nord-Kivu est traditionnellement habité par quatre
groupes socio-linguistiques : Les Nande (Lubero et Beni), les Hutu et
les Tutsi (Goma, Nyiragongo, Rutshuru et Masisi), les Hunde (Masisi)
et les Nyanga (Walikale). Ces deux derniers groupes étant
numériquement très faibles, le Nord-Kivu possède en réalité deux
groupes numériquement importants et virtuellement dominants dans une
certaine mesure. Ce sont les Hutu et les Tutsi d’un côté, et les Nande
de l’autre côté… »
Cet extrait appelle plusieurs commentaires :
a) Si les Nande occupent effectivement l’entièreté des territoires de
Beni et Lubero, et si effectivement il existe un nombre important des
rwandophones dans Masisi et Rutshuru, grâce à une immigration quasi
permanente des Hutu et des Tutsi à partir du Rwanda, organisée ou
clandestine, en direction des territoires de Goma, Nyiragongo,
Rutshuru et Masisi, il est malhonnête de la part de l’auteur du mémo
de feindre d’ignorer que les Hunde occupent une collectivité de
Rutshuru (Bwito) sur les deux qui existent et une bonne partie de
Walikale (Luberike, Pinga, Ntoto) et que Nyiragongo et Goma sont plus
deux territoires Hunde et Kumu que Hutu et Tutsi. De même aujourd’hui
nul ne peut contester que les Nande occupent une portion importante de
Rutshuru et de Goma.
b) Il est intéressant de constater que, pour le besoin de la cause,
les Hutu et les Tutsi, non seulement se présentent ensemble comme une
seule entité (Umoja Wetu ??) mais surtout c’est pour la première fois
que les Tutsi se présentent comme étant majoritaires (‘’numériquement
importants et virtuellement dominants’’) et ne sont donc plus un
peuple minoritaire. Quand on se rappelle que c’est au nom de la
défense de leur caractère minoritaire qu’ils ont souvent déclenché
toutes ces guerres…
c) Enfin, il est surprenant qu’on ne fasse pas mention d’autres
groupes, pourtant, importants (Tembo, Kano, Kusu…)
B. A la page 3 du mémo il est renseigné, parmi la litanie des griefs
(8 au total) que l’auteur énumère pour mettre en exergue le
‘’sentiment égoïste qui caractérise le peuple Nande ‘’ :
‘’ Résurgence des guerres dirigées contre des Hutu et des Tutsi à
chaque fois que la province est gouvernée par un Nande :
- Cas de la guerre interethnique dite de Kanya-rwanda en 1963-1964 à
l’époque de Paluku Denis ;
- Cas de la guerre dite des Ngilima en 1993 à l’époque de Kalumbo ;
- Cas de l’actuelle guerre sous mandat de Julien Paluku et ce,
contrairement aux périodes de paix et de prospérité enregistrées
lorsque la province était dirigée par des dignes fils Léonard
Kanyamuhanga (Tutsi) de 1996-2000 et Eugène Serufuli (Hutu) de 2000 à
2007,etc.….’’
Ici deux observations sont à faire :
a) Quand les Hutu et les Tutsi veulent faire porter aux dirigeants
Nande la responsabilité des différentes guerres qui ont eu lieu dans
Masisi et Walikale, cela est une inversion de l’histoire et frise la
malhonnêteté intellectuelle. On l’a vu plus loin, les Hutu et Tutsi
sont seuls responsables de toutes les guerres qui ont lieu dans le
Nord-Kivu. Ils les déclenchent dans leur stratégie d’occuper des
terres afin de s’aménager un espace rwandophone.
b) Quand le mémo veut faire croire que la paix et la prospérité ont
régné quand la province était dirigée par les rwandophones
Kanyamuhanga et Serufuli, c’est simplement de la tricherie.
Kanyamuhanga étant mort, nous ne pourrons faire aucun commentaire par
respect dû aux morts, comme nous l’enseigne notre coutume. Quant à
Serufuli, nous ne pouvons que nous étonner qu’on le présente comme un
saint alors qu’il a été peut-être le Gouverneur le plus nuisible que
la Province ait connu.
En effet, non seulement qu’il avait été repris sur la liste des
pillards des richesses du Congo par le panel des experts des Nations
Unies, mais la mémoire des congolais a surtout retenu que sous son
règne :
- Il a déstabilisé le pouvoir coutumier. « Le Gouverneur Serufuli a
remplacé les autorités coutumières Hunde par des Rwandophones et
d’autres personnes qui lui étaient fidèles. (1)
- Il a organisé la destruction de toutes les archives administratives
des territoires de Masisi et Walikale qui avaient trait aux problèmes
fonciers et des immigrations ;
- Il a exploité une milice (armée) appelée ’’Local Defence Force’’
composée exclusivement de ses frères Hutu qui a commis des exactions
et semé la mort et la désolation dans les territoires de Masisi et de
Walikale. C’est dans cette milice que Nkunda puisera plus tard une
bonne partie des ses militaires.
Dans un rapport intitulé : Attaques Contre Les Civils Au Nord Kivu
(Vol.17, n°9 (A)) de juillet 2005, Human Right Watch, dans un chapitre
sur la ‘’distribution d’armes au civils Hutu’’ (page 8) signale :
‘’En 2004 et au début de l’année 2005, des responsables aux ordres du
Gouverneur SERUFULI ont distribué des armes à des milliers de civils
Hutu à Masisi et probablement à Rutshuru. Ceci a créé une nouvelle
réserve de civils armés disponibles pour exécuter les ordres du
gouverneur et pour aider à conserver le contrôle sur le Nord-Kivu…
Dans certains cas, les Hutu ont utilisé les armes pour commettre des
crimes contre leurs voisins et plus tard pour participer à des
attaques et des pillages…’’
Plus loin, ce document précise :
‘’Un groupe paramilitaire organisé par l’Etat connu sous le nom de «
Local Defence Force » (LDF) existait déjà. Le gouverneur a donné de
l’ampleur à ce groupe, affirmant à un moment donné que la force
comptait plus de 30 000 personnes et il a recruté essentiellement
parmi les civils Hutu.’’
A la page 13 de ce rapport, nous lisons :
‘’Le groupe d’experts des Nations - Unies qui enquête sur les
violations de l’embargo des Nations – Unies sur les armes dans l’Est
de la RDC a conclu dans un rapport daté de janvier 2005 que le
Gouverneur Serufuli avait créé une milice armée par l’intermédiaire
d’une distribution d’armes « très organisée et systématique » par son
administration. Ces experts ont estimé que des armes avaient été
distribuées à Rutshuru et à Masisi.’’
Ces éléments du rapport de Human Rights Watch se passent de tout
commentaire. C’est ce gouverneur qu’on veut nous présenter dans le
mémo comme étant l’homme de paix.
CONCLUSION
Considérant tous les faits repris dans les pages précédentes le
découpage territorial de la Province du Nord – Kivu en Grand Nord et
Grand Sud tel que demandé dans ce mémo serait une erreur grave.
En effet, ce qui nous parait évident, c’est que les rwandophones du
Nord – Kivu s’inscrivent dans une logique d’occupation des terres afin
de se créer un espace vital. Après toutes les guerres d’occupation des
terres (ayant pour corollaires le pillage des ressources minières) et
d’implantation d’immigrés rwandais, après la bataille de nationalité,
après la campagne d’occupation militaire, voici donc le tour d’asseoir
toutes ces occupations par un acte juridique.
Comme l’avait déjà compris le Prof. Kabuya Lumuna quand il écrivait :
‘’Il s’agit, aux yeux des zaïrois, d’une guerre de conquête
territoriale d’une forme particulièrement insidieuse ! En effet, sans
chercher immédiatement une quelconque annexion de territoire, la
conquête tend à organiser d’abord l’implantation des colonies
rwandaises sur des territoires zaïrois’’ (1)
Aujourd’hui, après avoir égrené une litanie des griefs contre les
Nande pour justifier le découpage, les rwandophones veulent au nom
d’un critère sociologique (mot savant pour désigner critère ethnique)
recourir au tribalisme pour s’octroyer une partie de la province du
Nord – Kivu. C’est comme si la puissance démographique et financière
et l’homogénéité culturelle des Nande fait peur à nos voisins Hutu et
Tutsi, les Nande seraient difficiles à « avaler », d’où le besoin de
les écarter en découpant la province, en les mettant loin du morceau
convoité.
Question importante : en cas de découpage qu’adviendra-t-il des autres
groupes ethniques (Hunde, Nyanga, Tembo,…) que les rwandophones
traitent de ‘’numériquement faibles’’ et sans aucune assise économique
ou financière ? Quand on se rappelle des méthodes de gestion de la
province d’un gouverneur Hutu qui s’est singularisée par :
- Une déstabilisation du pouvoir coutumier.
- Une destruction systématique des archives administratives qui
pouvaient retracer le passé collectif, notamment les différentes
migrations rwandaises
- La création d’une milice para – militaire et la distribution des
armes aux civils rwandophones
- etc….
On ne peut que s’inquiéter.
C’est peut-être ici le lieu de mentionner la réflexion de Vangu
Mambweni, d’heureuse mémoire, qui avait déjà remarqué que :
‘’ L’expérience vécue et toute analyse rétrospective de la
participation des ressortissants rwandais à la gestion
politico-administrative de notre pays indiquent que l’établissement
des rwandophones au Zaïre est toujours revêtu d’un caractère spécial :
Ils tiennent et s’obstinent à supplanter les autochtones ‘’ (2)
Nous estimons qu’à ce stade il serait imprudent de découper la
province au motif qu’il y a antagonismes ethniques, les guerres
émaillant la vie de cette jeune province ayant leurs sources ailleurs.
Fait à Kinshasa, le 9 avril 2009
A. K.
--
« Il attend de chaque Congolais, d’accomplir la tâche sacrée de la
reconstruction de notre indépendance et de notre souveraineté, car
sans dignité il n’y a pas de liberté, sans justice il n’y a pas de
dignité, et sans indépendance il n’y a pas d’hommes libres. » -
Patrice Emery Lumumba –
« Si cette prise de conscience pouvait faire tache d’huile ! Un peuple
bien informé, bien formé (ou se formant à partir de la lecture des
faits) et sagement organisé en force d’auto-défense populaire est « la
meilleure arme de destruction massive » contre les politiques
impérialistes. Celles-ci ne triomphent longtemps que là où
l’obscurantisme et l’obscurité sont entretenus. » - Jean-Pierre Mbelu
–
"En effet, depuis sa création en 1885 par les politiciens
colonialistes européens, le Congo continue d’être une vache au lait
dont seule une très petite fraction des congolais jouit de ses
richesses. La majorité des congolais souffrent terriblement.
Ceux qui se soucient du bien-être de la majorité de congolais se
posent souvent la question de savoir pourquoi tant de problèmes au
Congo? Quand est-ce que le Congo va-t-il décoller? A quand la fin de
la crise politique, sociale et économique ?
Ces questions sont importantes, car pour soigner une maladie il faut
en connaitre les causes. Parfois, il nous faut saisir notre courage
avec nos deux mains et saisir le taureau par ses cornes pour
interroger le passé. Interroger le passé pour comprendre le présent
afin de préparer l’avenir de nos enfants est un exercice obligatoire.
Faute de faire un diagnostic correct, nous risquons de tourner en rond
alors que les années passent et que le monde mondialisé et compétitif
ne cesse de nous apporter de nouveaux défis qui compromettent notre
survie.
Examiner le passé ne veut pas dire que l’administration coloniale
belge porte seule la responsabilité de tous les maux que nous sommes
en train de vivre. Notre culture joue une plus grande part dans notre
stagnation. Je vais le démontrer brièvement dans cet article. Cet
examen du passé voudrait rétablir la responsabilité et insister que
seuls les congolais doivent se sentir les premiers responsables à
rechercher les voies et les moyens de trouver des solutions à leurs
problèmes. Celui qui veut résoudre les problèmes du Congo sans
examiner le passé ressemble à un charlatan qui pose son oreille sur le
ventre du patient pour diagnostiquer les maux de ventre chroniques
dont souffre ce dernier." - Mzee Lombe Mwembo -
Les Amis de Jean-Pierre Mbelu (Facebook)
«Ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants ; c’est
l’indifférence des bons.» - Martin Luther King -
"La solution des problèmes congolais sera confrontée à la résistance
des occidentaux non par simple méchanceté, mais par la tendance
naturelle humaine de conserver ses acquis. A tout cela, ajouter les
difficultés financières qu’exigent toute reforme et surtout les désirs
de vautours du monde mondialisé qui regardent le Congo comme un gâteau
trop facile à se partager. Peut-être que ceux ou celles qui veulent
voir et comprendre les problèmes du Congo ne sont pas encore né(es)."
- Mzee Lombe Mwembo -
« Un fait est sûr : " Les petits restes, les minorités organisées et
les autres ascètes du provisoire Congolais luttent sur plusieurs
fronts. Un temps viendra où ils vont étonner le monde entier." » -
Jean-Pierre Mbelu -
« Je sais et je sens au fond de moi même que tôt ou tard mon peuple se
débarrassera de tous ses ennemis intérieurs et extérieurs, qu’il se
lèvera comme un seul homme pour dire non au capitalisme dégradant et
honteux, et pour reprendre sa dignité sous un soleil pur. » - Patrice
Emery Lumumba -
« J’aime cette Terre plus que tout le reste au monde. Un homme qui
n’aimerait pas la tombe de son père serait pire qu’un animal sauvage.
» - Chef Joseph Indien Nez Percé -
VIVE LE CONGO LIBRE, UNI & PROSPERE.
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