RP: Bandundu, Univ, Elections, Katanga
Les troubles dans le Bandundu après la réhabilitation du Gouverneur Richard Ndambu, d’autres troubles dans les milieux universitaires, le processus électoral et une demi-victoire pour la province du Katanga dans le domaine de la rétrocession et des redevances minières sont les principaux sujets du jour.
Bandundu
Le Phare, qui titre « troubles à Bandundu », fait état de graves troubles survenus mercredi, 24 heures après l’arrêt de la Cour suprême de justice réhabilitant le gouverneur Richard Ndambu.
Selon ce journal, ces troubles étaient consécutifs à la répression violente par la police des marches de protestation organisées par la population contre l’arrêt de la haute cour judiciaire du pays.
Le Phare écrit, notamment, «Ces manifestations étaient en fait la réplique donnée aux scènes de jouissance orchestrées la veille par les partisans du gouverneur. La police a dû tirer à balles réelles. Ce qui s’est soldé par un mort dans les rangs des manifestants.»
Le tabloïd renseigne également que ceux-ci se sont livrés à des actes de vandalisme dont le pillage d’un dépôt de boissons présenté comme propriété du gouverneur et d’une chambre froide appartenant à l’épouse du ministre provincial de la santé.
La mort d’une seconde victime a redoublé d’un cran. Et cette victime, précise le journal, était abatteur des vaches et répondait au sobriquet de «Wabetu mosi».
«Les manifestants ont récupéré son cadavre et sont allés le déposer à la résidence du gouverneur, enchaîne-t-il, et la police a dû intervenir une fois de plus, pour l’évacuer vers la morgue de l’hôpital général de référence de la place.
Et Le Phare de se poser la question suivante : la cohabitation sera-t-elle possible entre le gouverneur réhabilité et les députés provinciaux ?
Pour Le Palmarès, qui titre « La ville de Bandundu à feu et à sang », « le déclic a pris corps le mardi 26 avril après que la Cour suprême de justice ait décidé la réhabilitation du Gouverneur de la Province du Bandundu, Richard Ndambu dans ses fonctions au terme de la motion de défiance du 11 mars votée par l’Assemblée provinciale »
Ce journal ajoute : « Le souhait des populations congolaises est de voir la Cour suprême de justice (Csj) ne pas se constituer en obstacle aux avancées significatives des élus provinciaux appelés à se retrouver dans différents hémicycles provinciaux pour l’objectif précis d’un mandat bien rempli en faveur de leurs électeurs. Il ne serait donc pas vain que des circonstances atténuantes puissent accompagner leurs démarches patriotiques », conclut Le Palmarès.
(Ces propos, qui n’ont que le tort d’être écrits dans un indigeste galimatias pointent effectivement vers le fond du problème : un schéma, qui n’est pas particulier à l’affaire Ndambu, mais se retrouve dans pratiquement toutes les affaires de destitutions de gouverneurs, présidents d’assemblées provinciales, etc...
Il revient à ceci : on brandit contre l’intéressé une accusation de corruption, fraude ou détournement. L’assemblée le destitue alors par un vote de défiance basé sur ces faits délictueux. Ce vote est généralement acquis lors d’une séance houleuse, inscrit à l’ordre du jour d’une façon bizarre, a parfois lieu lors d’assemblées réunies en dehors des lieux et des heures habituels de réunion. Il n’est donc guère difficile d’y trouver des vices de forme. Dans le cas du Bandundu, on a fait plus fort : comme cette assemblée a déposé en retard son règlement d’ordre intérieur, on a avancé l’idée que l’ensemble de ses délibérations était frappé d’illégalité. Le Tribunal saisi de l’affaire est dès lors bien forcé d’annuler le vote de défiance.
Fait curieux : on n’entend généralement plus parler ensuite des faits délictueux censés être à l’origine de l’affaire.
Il est bien évident qu’il y a en l’occurrence une utilisation et une instrumentalisation du pouvoir judiciaire à des fins politiques. Et c’est, en toute hypothèse, une situation malsaine.
Car, finalement, on obtient du pouvoir judiciaire deux choses qui ne sont bonnes, ni l’une, ni l’autre. La première, c’est de pouvoir faire état d’une enquête sur des faits dénoncés, afin de pouvoir « retourner » un certain nombre de députés. Dans un pays pauvre, tripoter l’argent du peuple est très mal vu, et voter en faveur du prévaricateur supposé aussi. On obtient ainsi la destitution souhaitée. Mais c’est la destitution d’un homme qui est encore toujours supposé innocent. Le récent procès du ministre Undji a montré combien souvent de telles accusations sont gonflées, voir inconsistantes. La seconde, c’est d’obtenir ensuite la remise en place du destitué. Car on peut annuler un vote, mais on n’annule pas un souvenir. Comment veut-on qu’il puisse y avoir une confiance quelconque entre le gouverneur et une assemblée qui l’a destitué ? Même annulé et privé d’effet, le vote a eu lieu et laissera des traces profondes dans leurs relations. NdlR)
Troubles dans les milieux universitaires
, « Graves incidents à l’Unikin : le Comité de gestion mis en cause ». titre Le Palmarès. De plus en plus des voix s’élèvent pour porter des réflexions sur cette question. On a enregistré des blessés et un mort. Conséquence, estime Le Palmarès., d’une boulimie d’une institution appelée à former les cadres de demain mais devenue comme par enchantement, un milieu type de l’exploitation de l’homme par l’homme.
« Après les violences de lundi dernier, un calme précaire règne à l'Unikin. Le ministre de l'ESU prêt à sanctionner les responsables de ces violences » titre L’Observateur qui y consacre un dossier de Didier Ndomba Phanzu, Deborah Pezit et Christian Ngyama.
« Un calme précaire règne actuellement au campus de l'université de Kinshasa 48 heures après les violences qui ont entraîné la mort d'un garde universitaire et fait plusieurs blessés. Les cours n'ont toujours pas repris à l'Université de Kinshasa (UNIKIN). Le mardi 26 avril 2011 dans les avants midis, plusieurs centaines d'étudiants de l'Université de Kinshasa sont descendus sur le site universitaire de l'Unikin pour protester contre la majoration des frais d'enrôlement pour les examens de la première et de la deuxième session de l'année académique en cours. Les étudiants, déjà affaiblis financièrement par le coût exorbitant de frais des études, ne pouvaient plus se contenir face à l'augmentation des frais d'enrôlement pour les examens. Aux environs de dix heures, les étudiants se sont rassemblés devant l'église Notre Dame de la Sagesse pour exprimer leur mécontentement face à la majoration des frais d'enrôlement qui sont passé de 5.000 francs l'année académique précédente à 25 dollars américains cette année pour les deux sessions des examens. " Nous voulons que les autorités procèdent à la réduction de ces frais. Trop c'est trop !!! Après tout comment allons-nous nous en sortir avec déjà le coût de la vie qui devient chaque jour très élevé ", a déclaré un étudiant de la Faculté de droit de l'Unikin. Quelques heures après, les étudiants se sont rendu devant le bâtiment administratif pour mettre la pression sur les autorités académiques. Profitant de la confusion, des délinquants des quartiers avoisinant l'Université de Kinshasa, notamment les quartiers Mbanza Lemba et " Tchad " se faufilent parmi les étudiants pour participer au mouvement. Avec comme but de piller ce qu'ils pourront trouver à l'UNIKIN.
« En quelques minutes, une marée humaine assiège la cour devant le bâtiment administratif, la tension monte. Chauffés à blanc, les étudiants scandent des slogans, une façon d'exprimer leur ras-le-bol. Quelques minutes après, le secrétaire général académique de l'Unikin, le professeur Banza Somwe, accompagné de quelques gardes universitaires tente de calmer la foule en colère. En vain… Au contraire, il se fait lapider par les étudiants et les badauds qui ne veulent du reste rien entendre de ces explications. Il risque même de se faire lyncher. Le secrétaire général académique aura la vie sauve grâce aux gardes universitaires qui vont l'escorter jusqu'à l'intérieur du bâtiment administratif. Au même moment un groupe d'étudiants s'attaquent avec des jets de pierres au bâtiment administratif et à d'autres bâtiments environnants. Ils cassent tout sur leur passage. Dans la foulée, des délinquants qui profitent de l'occasion pour s'attaquer aux gardes universitaires. Le bilan humain et matériel est lourd : un mort parmi la garde universitaire, des vitres brisées et des matériels didactiques volés.
Alertés par les autorités académiques, la Police Nationale arrive sur le Campus universitaire a bord de deux jeeps remplis des policiers pour calmer la situation. Ils tirent des balles en l'air, provoquant la panique. " Cette irruption violente de la Police nationale est à la base de nombreuses blessures enregistrées chez les étudiants ", a affirmé Richard Kingu, étudiant de la faculté des Sciences à l'Université de Kinshasa.
« Elisée, étudiante à la Faculté de Droit a quant à elle exprimé son mécontentement suite à la décision unilatérale des autorités académiques d'augmenter les frais d'enrôlement. " Pourquoi les autorités académiques ont-elles pris cette lourde décision sans au préalable associé le comité des étudiants de l'Unikin. Elles sont donc les premiers responsables des incidents de mardi dernier à l'Unikin ", a-t-elle martelé. Un autre étudiant a demandé aux autorités du pays, notamment au ministre de l'Enseignement supérieur et universitaire d'intervenir au plus vite et d'annuler cette mesure d'augmentation de frais d'enrôlement pour faire baisser la tension. " Compte tenu de difficultés auxquels ils sont confrontés, les étudiants ne seront pas en mesure de payer ces frais ", ont-ils soutenu. Alain Kabongo, étudiant en sciences a, quant à lui, déploré l'infiltration de leur mouvement de protestation par des déliquants venus des quartiers Mbanza Lemba ; " Ces délinquants ont profité de la manifestation des étudiants pour s'infiltrer parmi nous et ont pillé et cassé les biens et autres matériels qui se trouvaient dans le bâtiment administratif. Je crois que ce sont ces badauds là qui ont assassiné le garde universitaire. Les étudiants n'ont pas l'habitude de s'attaquer aux gardes universitaires", a-t-il souligné. Quant à Brigitte Bondo, elle n'est pas allée par quatre chemins pour affirmer ; " Les autorités nationales doivent vraiment interpeller les autorités académiques pour savoir les raisons qui les ont poussé à prendre une telle décision en cette période difficile et délicate de l'histoire du pays marquée par des grands enjeux politiques. En tout cas, selon moi, les frais d'enrôlement ne peuvent être fixés au delà de 10.000 francs congolais ", a-t-elle affirmé.
L'on apprend que hier dans la soirée, le ministre de l'Enseignement supérieur et Universitaire, M. Mashako Mamba a réuni des responsables de son ministère, le bourgmestre de la commune de Lemba et des responsables des institutions universitaires de la capitale pour connaître la genèse et les raisons de la violence du mardi 26 avril dernier sur le Campus Universitaire de Kinshasa. " Les responsables de ces violences de triste mémoire seront sanctionnés et traduits devant la justice " , a déclaré un responsable du ministère de l'Enseignement supérieur Universitaire et de la Recherche scientifique .
Il faut rappeler que c'est la deuxième fois depuis le début de l'année académique en cours que l'Université de Kinshasa est le théâtre de violents affrontements. Le 13 mars 2011, les étudiants de l'Unikin ont violement manifesté et sont descendus dans la rue, après la découverte du corps d'un deuxième étudiant assassiné dans des circonstances encore non élucidées sur le site de l'unievrsité de Kinshasa. Ces violences ont fait plusieurs morts parmi les étudiants ainsi que plusieurs blessé, ainsi que d'importants dégâts matériels. La résidence et la voiture du recteur de l'Unikin seront incendiées par des délinquants. Suite à ces violences, les autorités académiques ont décidé de suspendre temporairement les cours à l'Unikin.
Les étudiants espèrent que les incidents de mardi dernier ne vont pas conduire, une fois encore, à la suspension des activités académiques à l'Université de Kinshasa ».
L’Avenir annonce qu’après l’Unikin, l’Université de Lubumbashi (Unilu) est en ébullition.
Il explique : « Vingt quatre heures après que les étudiants de l’Unikin aient manifesté contre l’augmentation des frais d’enrôlement aux examens, ceux de l’Unilu sont également entrés en ébullition ». La motivation de cette ébullition ne serait tout à fait pas la même que celle des étudiants de Kinshasa, rapporte ce journal qui précise en outre : « La pomme de discorde serait une maison située dans le périmètre de l’université alors qu’elle est habitée par des gens qui se disent propriétaires. Il aurait donc eu rixe entre ces derniers et les étudiants ».
Selon L’Avenir, « la Police serait intervenue et aurait tiré des balles réelles qui auraient atteint une étudiante qui aurait succombé à ses blessures.Aux dernières nouvelles, le calme est revenu après que les autorités provinciales aient pris toutes les dispositions sécuritaires adéquates. »
Elections
En ce qui concerne le processus électoral, Le Palmarès titre : « Ceni : Ngoy Mulunda décide de se mettre en retrait ! ». Le président de la Ceni a décidé de se retirer momentanément de l’avant-scène au profit de son vice-président qui prend le relai au sein de l’opinion.
La question du respect des délais constitutionnels est à ce point sensible que l’on a conseillé à Ngoy Mulunda de ne pas trop porter le chapeau seul. Il faut laisser l’opposition mouiller aussi son maillot, souligne Le Palmarès. Ainsi, ajoute-il, en cas d’atterrissage en catastrophe, les responsabilités seront partagées.
(Ngoy Mulunda avait commencé sa carrière de président de la CENI en annonçant que le calendrier serait respecté. C’était sans doute une manière de prendre ses distances d’avec son image de « membre fondateur du PPRD et ami de JKK » en faisant le contraire de ce qu’on attendait de lui à cause de cette « étiquette ». Comme la Majorité passe pour vouloir trafiquer le calendrier et pour vouloir imposer ses vues, il a parlé respect du calendrier, moyens pour ce faire et concertation avec l’Opposition. L’UDPS, on l’a entendu clairement au meeting du 24, se cramponne à son fétichisme des dates. Les autres partis d’opposition ont peut-être fait des réponses plus diplomatiques, mais dont finalement la teneur n’était guère différente : on félicitait chaleureusement le Pasteur pour sa volonté de respecter le calendrier, mais on lui laissait le soin de se débrouiller pour tenir parole.
Il est d’ailleurs à noter que ce « respect du calendrier » concerne avant tout la date de la présidentielle. On ne semble pas se préoccuper beaucoup de la tenue de toutes élections, y compris les locales, ni de le mettre dans le seul ordre qui soit logique, démocratique et sain : par ordre d’importance croissante, avec les locales en tête et la présidentielle en queue. NdlR)
Katanga
Les Dépêches de Brazzaville, édition de Kinshasa, parle d’une demi-victoire pour la province du Katanga dans le domaine de la rétrocession et des redevances minières. A cet effet, le quotidien de Brazzaville, indique que les difficiles négociations entre le gouvernement central et la délégation katangaise constituée de l’exécutif et de l’assemblée provinciale ont progressé sur le principe et il y a lieu d’espérer une augmentation de l’enveloppe allouée à la province cuprifère. «Les discussions ne porteront plus sur l’opportunité ou non de revoir à la hausse la rétrocession et les redevances minières au regard de la croissance économique de nouveau au rendez-vous au Katanga, mais les ministres des Finances du Budget vont instamment s’appesantir sur les nouvelles affectations. Toutefois, la conclusion du chef de la délégation laisse entrevoir d’autres étapes, certes, moins houleuses mais également cruciales vu les prétentions katangaises», lit-on dans les colonnes de ce journal.
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